EMPIRE ROMAIN
- ROMAN Vitellius (69). Aureus ND (69), Tarragone.
Av. A VITELLIVS IMP - GERMANICVS. Tête laurée à gauche, globe à la pointe du cou.
Rv. LIBERIS IMP GERMANICI. Bustes affrontés des enfants de Vitellius : son fils à gauche et sa fille à droite, globe à la pointe du cou du fils.
RIC 8 (p.268) - Calicó 561 ; Or - 7,34 g - 19,5 mm - 6 h
Un minime choc ou une trace d’essai à 3 h sur la tranche. Le flan a légèrement éclaté sous la frappe vigoureuse, à peine décentrée. Une légère patine dorée recouvre le brillant d’origine. Très rare, notamment dans cette qualité. Superbe.
Nommé après le suicide d’Othon le 16 avril 69, le nouvel empereur Vitellius aurait rapidement dilapidé les caisses impériales par des banquets incessants et des processions triomphales, puis tenté de lever de nouveaux fonds en orchestrant la mort de riches flatteurs qui l'avaient désigné comme leur héritier. Ce fut un moment particulièrement mal choisi pour les finances de l'État, car Vespasien, commandant des légions syriennes chargées de réprimer la Grande Révolte juive, fut proclamé Empereur rival à Alexandrie le 1er juillet. Vespasien reçut bientôt le soutien de Marcus Antonius Primus, commandant des légions danubiennes, qui marcha sur Rome. Les troupes de Vitellius les affrontèrent lors de la seconde bataille de Bedriacum, le 24 octobre 69, mais furent sévèrement défaites par les légions danubiennes aguerries. Comme Othon avant lui, Vitellius savait qu'il avait peu d'espoir de conserver le pouvoir : Vitellius envoya alors une ambassade auprès de Primus pour négocier son abdication pacifique en faveur de Vespasien. Primus aurait accepté cet arrangement, mais la garde prétorienne intercepta Vitellius alors qu'il se rendait au temple de la Concorde pour y déposer les insignes impériaux et le contraignit à retourner au palais au lieu de se soumettre à Primus et de reconnaître Vespasien. Lorsque Rome fut finalement prise par Primus en décembre 69, Vitellius tenta de se cacher, mais fut capturé. Il fut conduit à l'escalier des Gémonies, lieu d'exécution traditionnel dans la ville depuis au moins l'époque de Tibère, où il fut exécuté. Choqué par ce destin tragique, Vitellius aurait déclaré, avant que le bourreau ne lui ôte la vie : « Pourtant, j’ai été votre Empereur ». Son corps fut jeté dans le Tibre et sa tête exhibée à travers la ville. Son frère et son jeune fils furent également exécutés