GRANDE-BRETAGNE
- GREAT BRITAIN Charles II (1660-1685). Essai du Broad, en Or, coins de Thomas Simon, Flan bruni (PROOF) 1660, Londres.
Av. CAROLVS - II. REX. Buste lauré, drapé et cuirassé à droite, sous une étoile à 8 rayons ; au-dessous, signature S.
Rv. MAG - NALI - A. DEI - (date) [Les actes puissants de Dieu]. Croix formée de quatre fois le chiffre couronné du Roi, avec étoile à huit rayons au droit, cantonnée des écus d’Angleterre, d’Écosse, de France et d’Irlande.
North 2777 - KM.Pn30 - Montagu 818 (Sotheby, Londres, novembre 1896) ; Or - 30 mm - 6 h
Top Pop : c’est le seul exemplaire gradé ! Provient d’une vente Ira & Larry Goldberg 91, 7 juin 2016, n° 2285.
PCGS PR63+ (44101822). Avec la tranche cannelée. Sur Flan bruni (PROOF). De très bon centrage et la frappe soignée, avec tout au plus de minimes plats sur les grènetis. Avec effet camée non signalé, le buste et les reliefs, légèrement en pointillés, se détachant des champs miroir. Seules de minimes marques de manipulation notamment au droit mais les reliefs parfaitement préservés. La patine est dorée aux reflets orangés. Le ou l’un des plus beaux exemplaires connus ! Très rare. Superbe à Fleur de coin.
Le 25 mai 1660, lorsque le prince Charles débarqua à Douvres, il s'agenouilla et baisa le sol anglais. Bien plus qu'un simple geste symbolique, ce fut un événement unique dans l'histoire anglaise, le moment qui amorça la restauration de la monarchie dans tout le pays. Un mois auparavant, le Parlement avait décidé de le proclamer roi Charles II à condition qu'il respecte la Déclaration de Breda, pardonnant à de nombreux ennemis de son père et renonçant aux pouvoirs absolus et historiques de la monarchie. Il arriva à Londres quatre jours plus tard, le jour de son trentième anniversaire. Il y avait beaucoup à pardonner. À dix-huit ans, il avait vu son père décapité pour « trahison » durant l'hiver 1649. Fils unique survivant, il était l'héritier naturel. Ce droit s'évanouit à la mort de son père. Adolescent, il avait accompagné ce dernier lors des dernières campagnes de la guerre civile et avait été témoin de la fin imminente. Charles et sa mère, la reine Henriette-Marie, avaient été exilés en France en 1646 et protégés par son cousin germain, le roi Louis XIV, durant les dernières années de la guerre, puis durant le Commonwealth et enfin sous le règne désastreux d'Oliver Cromwell. À la mort de Cromwell, son fils, Richard, s'était révélé incapable. La nation était en ruines. Cromwell avait écrasé les partisans royalistes, mais Charles II avait gracié nombre de ceux qui avaient pillé le pays, ne se vengeant que d'une poignée des plus virulents soutiens militaires et juridiques de Cromwell. Charles II fut le premier d'une nouvelle génération de monarques, et il consacra une grande partie de sa passion aux arts malgré les catastrophes des premières années de son règne, notamment la peste, le Grand Incendie de Londres et les guerres étrangères. Il entreprit de constituer ce qui allait devenir la collection royale de peintures, et fut un mécène généreux des sciences florissantes. Il porta un intérêt personnel particulier à la sculpture et à la gravure, comme en témoigne la superbe qualité artistique de son magnifique modèle, qui rompait avec le style médiéval de la gravure, souvent perçu comme inexpressif et sans relief. Ici, au contraire, nous découvrons une image saisissante du roi, riche en détails émouvants, rendus en relief avec une grande finesse artistique. Cette fabuleuse gravure, présentée ici à titre d'essai, contribua largement à l'introduction de la monnaie frappée à la machine, ordonnée par le roi en conseil le 17 mai 1661, peu après sa création. Le roi, connu pour son intérêt personnel pour son effigie, a probablement examiné cette pièce de monnaie. Or, des sources contemporaines attestent que l'utilisation des matrices superbement gravées par Simon pour la frappe des pièces au marteau suscita un vif mécontentement à l'Hôtel des Monnaies : le martelage ne permettait pas de reproduire les détails caractéristiques de la gravure. Il est plausible que ce modèle ait démontré l'obsolescence de la technique du marteau. La frappe éphémère de monnaie à l'effigie d'Oliver Cromwell réalisée par Blondeau, prit fin en août 1660 avec le retrait des machines à frapper de l'Hôtel des Monnaies. Ce retrait était sans doute dû en partie à la jalousie des employés, craignant de perdre leur emploi, mais aussi à l'utilisation de ces machines sous le règne honni de Cromwell. Les pièces de Cromwell démontrèrent cependant que la technique manuelle était dépassée et incapable d'empêcher la contrefaçon et le détournement illégal de métal sur les bords irréguliers. Un bouleversement se préparait. Thomas Simon, né vers 1623, était l'un des fils de Peter Simon de Guernesey, dont le frère aîné, Abraham, était également médailleur. Il attira l'attention de Nicholas Briot vers 1635 et fut engagé comme apprenti à la Monnaie royale. Sa première œuvre fut la médaille de la « Rébellion écossaise » de 1639. Comme c'était l'usage à l'époque, il travaillait également comme graveur de pierres précieuses. Son talent lui valut d'être nommé co-graveur de la Monnaie en 1645, au moment même où la guerre civile bouleversait les plus grandes traditions anglaises. Le talent de Simon lui valut d'être chargé de réaliser des effigies du général Cromwell, destinées à la frappe de médailles d'or et d'argent pour récompenser les officiers et soldats ayant participé à la bataille. Son travail fut si bien accueilli que Simon fut ensuite choisi pour graver les matrices des pièces de monnaie de Cromwell, frappées de 1656 à 1658. Ces pièces étaient d'une beauté saisissante, bien plus remarquables que celles frappées au marteau. L'une des caractéristiques inédites des pièces de Cromwell sur le marché anglais était l'effet de camée créé par la texture pointillée du portrait, un effet que l'on retrouve également sur notre exemplaire. En 1660, Thomas Rawlins fut réintégré dans ses fonctions de graveur en chef à la Monnaie royale. En juin 1660, Simon reçut l'ordre de réaliser un nouveau portrait qui fut très apprécié, mais la technique de frappe ne permit pas de produire des pièces conformes aux exigences de la Monnaie (avec des coins trop fragiles). Son travail fut néanmoins si bien accueilli qu'il fut chargé de graver les matrices pour toutes les nouvelles pièces frappées. En 1662, le concours décisif pour la Monnaie l'opposa à John Roëttiers, de Flandre qui le remporta. Simon, exclu de la Monnaie, mourut de la peste en juin 1665 <a href="https://d10dakqizeg4uw.cloudfront.net/VAE19/2122.mp4" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> <i class="fas fa-video"></i> Découvrir cette pièce en vidéo </a> * Following Council Directive (EU) 2022/542 of April 5, 2022, implemented in national law from 01/01/2025, buyers from within the EU have to pay 5.5% VAT on the hammer price of this lot. * Suite à la Directive (UE) 2022/542 du Conseil du 5 avril 2022, mise en application dans le droit national à compter du 01/01/2025, l’adjudicataire européen devra également payer une TVA de 5,5% sur ce lot