Lot 2584

Prix de départ : 8 000 €

UGS : 835D824B-80FB-40B9-9365-70E2BFF9CD59 Catégorie :
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USA

- UNITED STATES OF AMERICA République fédérale des États-Unis d’Amérique (1776-à nos jours). Jeton, Benjamin Franklin, Vénérable de la Loge des Neuf sœurs, par François Bernier 1783, Paris.

Av. BENJ FRANKLIN MINISt. PLENt. DES ETATS UNIS DE LAMERIQ. SEPT. Buste en habit à gauche, au-dessous signature BERNIER et à l’exergue : MDCCLXXXIII.
Rv. DE LEURS TRAVAUX - NAITRA LEUR GLOIRE. Les neuf Muses taillant dans le roc un temple rond, signature F:· B. et à l’exergue : [L.] DES NEUF SŒURS et banderole.

Labouret 294 - HZC.469 (photo 470) - Betts 618 - Marvin LVIII ; Argent - 8,3 g - 30,6 mm - 6 h

Top Pop : c’est le seul exemplaire gradé ! Provient de la vente CGF Monnaies XI, 10 mai 2002, n° 1366 (17.760 €) puis collection Richard Margolis.

PCGS AU50 (48895653). Avec L. de L(oge) au revers en creux, comme ajouté postérieurement à la frappe. Exceptionnel jeton, l’un des plus rares de la série française mais qui intéresse également l’Histoire de la République des États-Unis. D’usure régulière, avec une jolie patine grise ancienne. Très rare. Presque Superbe.

Certainement le plus célèbre et le plus désiré de tous les jetons français et de ceux de l’Histoire américaine. Sa rareté est insigne et seuls quelques exemplaires en argent sont connus : aux États-Unis avec les collections Adams ou Ford avec deux exemplaires, ou en France à la BnF et vente Cannes, 8 décembre 2007, expert A. Weil, n° 121. Cinq exemplaires sont répertoriés par Michael Hodder, qui en oublie sans doute, pour un total de moins de dix exemplaires toutefois. En cuivre, seuls quelques (trois ?) exemplaires seraient connus : en France, on note un exemplaire en cuivre conservée au Musée de Chartres. Manque à Feuardent qui n'avait dans sa collection que le jeton de Milly (n°7 45, " Rare ", illustré planche III). La seule référence de ce jeton est le Hamburgische Zirkel-Correspondenz, Medaillenwerk, Band IV, Hamburg, 1902 où il est décrit sous le numéro 469. Ce jeton est tellement rare que lorsque Louis Amiable publie en 1897 son gros volume sur la Loge des Neuf Sœurs, il en dit (note 1, page 140) : " Gould, dans The History of Freemasonry, Londres et New-York, 1887, six volumes, dit que la loge fit frapper une médaille en l'honneur du grand Américain, assertion que n'a pu vérifier l'auteur de la présente monographie ". Non seulement Amiable, le spécialiste de la Loge des Neuf Sœurs, n'avait jamais vu ce jeton mais il n'avait même pas connaissance, fusse par ouï-dire, de son existence. L'auteur du commentaire critique de 230 pages qui accompagne la réédition de Paris, 1989, Charles Porset, n'en dit mot, lui non plus. Vénérable de la loge des Neuf Sœurs de juin 1779 à 1781, Benjamin FRANKLIN vécut une période brillante à Paris entre 1778 et 1785. De popularité immense, il fréquente la bonne société parisienne et son action incessante fait de lui un des artisans principaux de l’indépendance américaine. En 1783, il triomphe : l’armistice est signé le 4 février et le traité d’indépendance est signé à Versailles en avril. Notre jeton, daté de 1783, rappelle précisément les fonctions de Benjamin FRANKLIN et le nom exact des États-Unis à l'époque, " des États-Unis d'Amérique du nord " : sous la forme francisée de SEPTentrionale. Il a été frappé pour l'honorer après la signature de l'armistice du 4 février 1783 qui sera confirmée lors du traité de Versailles. Alors, l'Europe monarchique, y compris l'Angleterre qui signe la paix le 3 septembre 1783, reconnaît comme nation à part entière les États-Unis d'Amérique. L'événement était inouï et prophétique : des monarchies reconnaissaient l'existence d'un pays sans roi, d'une démocratie où le peuple se gouvernait lui-même selon les principes des Lumières. Cette révolution avant l'heure fut brillamment célébrée à Paris où une fête splendide, organisée par les francs-maçons de la loge, fut donnée pour la paix, la naissance des États-Unis d'Amérique et pour honorer Benjamin FRANKLIN. L'indépendance américaine fut exaltée en vers et en prose dans des déclamations enthousiastes. On inaugura ensuite le buste du héros, œuvre de Houdon, avant un concert et un souper. Le buste de Benjamin FRANKLIN est inspiré de celui réalisé en 1778 en terre cuite par Jean Antoine Houdon (1741-1828), élève de Pigalle, membre de l'Académie dès 1777 ainsi que de la loge des Neuf Sœurs. Le jeton a été distribué aux frères de la Loge durant la fête du 12 mai 1783 par le Marquis de La Salle. Le dessin original du jeton de présence est peut-être fait par Houdon car les portraits du jeton et du buste sont rigoureusement identiques. Dès 1786, dans les papiers de Franklin à sa sœur Jane, se trouve mention de la “médaille des Neuf Sœurs très jolie”. Il n'était pas possible de savoir à l'époque l'immense importance de cet événement : l'indépendance des États-Unis d'Amérique. Une ère nouvelle commençait et ce jeton était présent lorsque l'artisan de cette naissance fut fêté par ses frères et amis. En effet, on trouve Bernier, qui en était le trésorier et grava le jeton, et Houdon qui sculpta le buste (aujourd'hui conservé au Musée du Louvre) et dessina probablement le modèle. François Bernier, dont les initiales séparées par un triangle maçonnique se remarquent au revers avec signature complète sous le buste, était graveur de la Chancellerie et de la Monnaie de Paris. Au revers du jeton, sont représentées les neuf muses, les Neuf Sœurs, filles de Zeus et de Mnémosyne (déesse de la Mémoire), comme sur le jeton du Comte de Milly qui partage d'ailleurs son coin de revers avec celui de FRANKLIN. Les Muses demeuraient dans les montagnes de l'Hélicon, en Béotie, près de l'Olympe. Elles représentent l'Éloquence, la Tragédie, la Comédie, la Poésie amoureuse, l'Histoire, la Musique, la Danse, la Poésie lyrique et l'Astronomie. On les voit ici au travail dans les montagnes en train de sculpter un temple qui rappelle le temple de Vesta à Tivoli, dont le graveur s'est probablement inspiré. Elles représentent l'idéal maçonnique de la perfection opérative et spirituelle, par la voie de la recherche, de l'exemple donné et du travail en commun. Initialement, la Loge devait porter le nom de " Les Neuf Muses " mais la Direction du Grand Orient, suivant strictement à cette époque les Constitutions d'Anderson et garante du caractère chrétien de la Franche-Maçonnerie, jugea cette dénomination incompatible avec le titre générique " Loges de Saint-Jean ". L'esprit de l'Évangile selon Jean semblait inconciliable avec un nom d'origine païenne et la Loge dut adopter finalement le nom distinctif sous lequel elle est restée dans l'Histoire. En ce rarissime jeton, nous avons simultanément un événement historique majeur de l'histoire de notre planète, un objet imprégné de l'Art du XVIIIe siècle et les prémisses de la Révolution française : on comprend que ce jeton soit devenu un mythe [Commentaire Michel Prieur (†) et Stéphan Sombart, 2002 (notice complète : https://blog.cgb.fr/pdf/v11_1366.pdf), modifié en 2024 suite aux travaux récents de Marc Labouret (https://marc-labouret.fr/numismatique-recherches-et-trouvailles/jetons-des-neuf-soeurs.html)] * Following Council Directive (EU) 2022/542 of April 5, 2022, implemented in national law from 01/01/2025, buyers from within the EU have to pay 5.5% VAT on the hammer price of this lot. * Suite à la Directive (UE) 2022/542 du Conseil du 5 avril 2022, mise en application dans le droit national à compter du 01/01/2025, l’adjudicataire européen devra également payer une TVA de 5,5% sur ce lot

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